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士感度 - La capacité sensible du Samouraï -しかんどう

 

Shikandō – 只管道

Exploration intégrative d’épanouissement

La capacité sensible du samouraï

 

士感度 — Shikandō — peut se lire comme la capacité sensible du samouraï.


Non pas la force brute, ni la performance martiale,
mais :

la qualité de présence,
la finesse perceptive,
la capacité à sentir, s’ajuster, discerner et agir avec justesse.

Cette sensibilité n’est ni mollesse, ni passivité.

Elle est alerte, verticale, incarnée.
Elle suppose un corps disponible, un esprit clair, une attention ouverte.

Cette qualité de présence est fondamentale pour la fonctionnalité de l’être humain :
elle conditionne sa capacité d’adaptation, de régulation, de guérison et d’épanouissement.


Dans les arts martiaux, elle est même plus essentielle que les techniques elles-mêmes.

Les techniques ne sont pas une fin.
Elles sont là pour éduquer la disponibilité,
former une manière d’être là capable d’accueillir ce qui est là,
sans précipitation, sans rigidité, sans esprit de profit (au sens matériel et spirituel). 無所得 (むしょとく / musotoku).

Comme le rappelait Francis Dekeyser,

l’attitude juste — une présence éveillée — s’exerce.
La volonté n’a qu’un rôle limité :
non pas forcer la transformation,
mais simplement se mettre en situation de pratique.


Dans l’action elle-même, la volonté devient un obstacle.

Ce qui se cultive, c’est une manière d’être :
un corps qui n’est pas seulement un objet,
mais un corps vivant, traversé par des lois de transformation,
qui porte du fruit par ajustement à la vérité de ce qui est,
et non par volonté de se changer.

De cette pratique répétée et consciente émerge peu à peu

une douce puissance,
une force calme,
une paix qui demeure à travers les difficultés,
et une qualité d’être qui ne peut pas être saisie,
mais seulement laissée advenir.

C’est dans cet esprit qu’est né le Shikandō – 只管道,
que l’on peut traduire par la voie de l’Essentiel.

Shikandō – 只管道 : la voie de l’Essentiel

 

Le Shikandō est une discipline psychocorporelle intégrative,
une voie d’exploration qui s’adresse à l’ensemble des grandes dimensions de l’être humain, comprises comme fonctions psychocorporelles en interaction.

Il ne s’agit ni d’une technique unique,
ni d’un art martial traditionnel,
ni d’une méthode de développement personnel standardisée.

Le Shikandō est une pratique transversale, un crossover vivant, qui articule notamment :

  • la Danse Fusion et les danses d’improvisation relationnelle,

  • les arts martiaux internes et externes,

  • la psychomotricité et l’éducation somatique,

  • la psychologie intégrative,

  • la philosophie et l’épistémologie,

  • une spiritualité laïque, entendue comme attention aux grandes dimensions de l’expérience humaine, sans dogme ni croyance imposée.

 

L’ensemble forme une exploration intégrative d’épanouissement,
où le corps, la perception, l’émotion, la relation, le sens et la pensée ne sont jamais séparés.

Juste être là, sans but à atteindre

 

Le nom Shikandō est inspiré du Shikantaza,
cette pratique zen qui invite à s’occuper de soi-même simplement assis,
sans objectif à atteindre,
indépendamment des bénéfices attendus ou de toute idée de performance.

On y cultive :

  • une présence sans intention instrumentale,

  • une attention ouverte,

  • un état d’alerte calme,

  • une verticalité sans tension,

  • une vigilance sans crispation.

Le Shikandō transpose cet esprit dans le mouvement, la relation et l’action.
Il s’agit d’apprendre à être pleinement là,
debout, en déplacement, en interaction,
sans paresse, sans agitation, sans fuite.

Une discipline du discernement et de la syntonisation

 

Au cœur du Shikandō se trouve la notion de syntonisation :
la capacité à ajuster finement ses perceptions, ses actions et ses représentations
aux situations rencontrées.

Comme on règle un instrument ou un poste radio,
il s’agit de trouver la juste fréquence :

  • dans le geste,

  • dans la relation,

  • dans l’émotion,

  • dans la pensée,

  • dans la manière d’habiter son corps.

Cette capacité sensible — celle du samouraï autant que du danseur, du thérapeute ou du citoyen —
permet une action juste,
ni automatique,
ni contrôlée à l’excès.

Psychothérapies intégratives en marchant

 

Le Shikandō se décline également dans une pratique spécifique :
les psychothérapies intégratives en marchant.

Marcher côte à côte :

  • modifie naturellement la posture relationnelle,

  • diminue la pression du face-à-face,

  • facilite l’élaboration émotionnelle,

  • mobilise le corps comme ressource régulatrice.

Ces accompagnements s’appuient sur :

  • la psychologie intégrative,

  • l’attention aux sensations et au mouvement,

  • la parole ajustée,

  • le respect du rythme et de la singularité de chacun.

Le corps n’est pas un simple support du discours :
il est acteur du processus thérapeutique.

Une voie sans réduction, sans dogme

 

Le Shikandō ne cherche ni à :

  • produire des experts,

  • imposer une vision du monde,

  • promettre un mieux-être rapide,

  • ni enfermer l’expérience dans un système.

Il propose un cadre d’exploration,
rigoureux mais ouvert,
où chacun peut développer :

  • sa présence,

  • sa sensibilité,

  • sa capacité de discernement,

  • et son autonomie intérieure.

Explorer l’Essentiel

 

只管道 — Shikandō —
la voie de l’Essentiel,
non comme une abstraction,
mais comme ce qui se révèle quand on cesse de se disperser.

 

Être là.
Sentir.
Ajuster.
Agir avec justesse.

C’est peut-être cela,
au fond,
la véritable capacité sensible du samouraï.

© 2014 by Elisabeth Vaz & Cédric Bégin with wix.com.

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